Vers l’école de demain : pas de fourmis…

Vers l’école de demain : pas de fourmis…

Comment imaginer, créer rêver et agir pour notre école, nos enfants, leurs futurs ?

 

copyright plateforme participative CotizUP, Louise Michaud

 

Louise Michaud tente de donner un éclaircissement à cette vaste question dans son film, « Les fourmis, construire l’école de demain. »

 

 

 

 

Repenser les espaces scolaires et favoriser l’épanouissement de l’enfant : voyage à la découverte d’écoles et de passionnés inspirants et optimistes.

«  L’architecture ne peut pas révolutionner l’éducation, qu’elle peut favoriser, qu’elle peut faciliter la mise en place de méthodes pédagogiques qui respectent le mode de fonctionnement naturel du cerveau de l’enfant et de ses émotions.  » Louise Michaud

Louise Michaud m’a contactée il y a un an car travaille sur un film sur l’école. Ayant moi-même travaillait sur le sujet lors de mon diplôme d’architecture en 2000, nos regards semblaient se croiser. Aujourd’hui voici ce film : « Les fourmis, construire l’école de demain. » Son terrain d’observation en France : des écoles publiques, des écoles Montessori, une école publique dite flexible, une école démocratique et une école alternative pour tous avec et sans handicap.

https://www.youtube.com/watch?v=VVyCIswqqSY

copyright Louise Michaud

Les trois grands axes de réflexion pour agir sont :

  • la curiosité

  • L’autonomie

  • La socialisation : les autres

 

 

Dans cette heure de reportage, le message central n’est pas de refonder l’école sur son architecture de la remettre en cause mais de comprendre ce qui aujourd’hui est utile, vital pour nos enfants. 

Comment leur offrir le meilleur ?  Tout est question ici de l’espace, du matériel ou de la relation aux autres. Elle offre une réponse partielle encrée sur des exemples concrets d’enseignants acteurs accompagnateurs ou éducateurs faisant le choix d’évoluer en lien avec la soif de comprendre le monde de l’enfant.

 

La curiosité : le moteur qui amène la découverte

Et si tout commençait par de la curiosité ? C’est bel et bien ce que Louise Michaud défend avec ce projet.

« Apprendre de tout et de la vie surtout. » Louise Michaud

On parle souvent de la « soif d’apprendre », mais ne serait-ce pas plus juste de parler de la soif de comprendre ? Un enfant souhaite-t-il vraiment apprendre, ou ne veut-il pas seulement comprendre ? La curiosité est un incroyable moteur pour l’apprentissage, mais la curiosité ne pousse pas à apprendre, elle pousse à explorer. Elle est indispensable et amène le petit à grandir. C’est naturel et spontané chez l’enfant.

La classe n’est donc pas le seul lieu d’apprentissage et l’enseignant n’est peut-être pas le seul référent ? Grâce à la nature l’enfant, grandi et évolue à son rythme, il se questionne et découvre avec son corps l’environnement qui l’entoure.

 

L’autonomie

Comment je me mobilise pour apprendre ? 

Renforcer l’autonomie permet de développer le sentiment de puissance. Ce sentiment apparait car l’enfant ne se sent plus limité dans son apprentissage. C’est sa motivation personnelle qui lui permet d’apprendre. Pouvoir avoir le choix et du temps. Pour cela, l’enfant doit être serein et sécurisé pour faire seul et indépendant.

L’éducateur doit savoir aussi créer des repères pour être libre d’agir et de faire des choix individuels et donc d’être autonome. Le plaisir d’apprendre est nourri par cette autonomie. Apprendre à écouter, à se mobiliser et donc à faire des efforts pour arriver au but à atteindre, à l’objectif que l’enfant se fixe : c’est l’autonomie sur un projet auquel l’enfant tient.

L’autonomie est une compétence que l’enfant développe. Elle permet la responsabilisation des enfants, pour eux mais aussi pour les autres.

La socialisation : les autres

Favoriser l’émergence de loin sociale entre les individus en apprenant tout seul parmi les autres. De nombreux apprentissages passent par l’imitation, les échanges, la remise en question, se confronter aux autres. 

Des tutorat de référents par la collaboration et la coopération d’élèves qui se mettent en place, un esprit d’équipe qui se développe. Savoir sortir du cliché le bon aidant et le moins bon aidé qui avec le temps ne demande plus d’aide car ils sont stigmatisés. Chacun peut devenir référent en expliquant des petites choses du quotidien par une approche en petit groupe.  L’importance d’avoir des types d’espaces différents, calme ou lieu d’expression et de mouvement pour favoriser les mouvements et les échanges. Avoir un lieu, type salle de conseil pour se rassembler, échanger, partager librement au sol dans une position confortable.

Louise Michaud évoque son besoin de comprendre le fonctionnement, ce besoin de cerner le système éducatif, ce besoin de connaître les alternatives à ce dernier, portée de lecture en lecture par un fabuleux enthousiasme pour la découverte d’un monde qui lui était inconnu.

 

 

Partageons ensemble quelques livres pour compléter ce beau reportage.

Libres enfants de Summerhill, Alexander S. Neill

Récit d’une expérimentation pédagogique en Angleterre ayant débuté dans les années 1920, basée sur le respect de la personne et des choix des enfants, on peut la rapprocher sur plusieurs points des écoles démocratiques.Faire confiance à l’enfant. La liberté est le plus beau des cadeaux.

Le grand guide des pédagogies alternatives, Anne-Cécile Pigache et Madeleine Deny

Ce livre présente les pédagogues du mouvement de l’éducation nouvelle et leurs pédagogies, il compare ces pédagogues et leurs idées sur l’éducation pour mieux comprendre les relations historiques entre ces derniers.

Les étapes de l’éducation, Maria Montessori

Comprendre la pédagogie Montessori, ses fondements, ses méthodes et ses objectifs.

Ces écoles pas comme les autres, Peter Grumbel

Ce livre a une vision définitivement objective sur l’éducation : des solutions existent et oui, ça avance ! L’auteur fait un tour des pédagogies alternatives « phares » pour comprendre leur façon de fonctionner et les raisons pour lesquelles elles attirent…

Une société sans école, Ivan Illich

L’incontournable.. Ce livre est sorti dans les années 70 et il est toujours intéressant de se replonger dans cette analyse du système éducatif et de ses échecs.

Libérez votre cerveau, Idriss Aberkane

Ce livre donne une analyse de la société et notamment de l’école, Idriss Aberkane nous explique comment en utilisant mieux notre cerveau et les connaissances, de nombreux modèles pourraient être renversés… C’est une lecture limpide et accessible !

Concevoir des espaces scolaires pour le bien-être et la réussite, Maurice Mazalto

Cet ancien proviseur de lycée s’est passionné pour l’architecture scolaire et a, durant des années, analysé et décrypté leur architecture. Son livre donne des solutions architecturales simples et concrètes pour la conception de bâtiments scolaires, loin du jargon architectural.

Heureux comme un danois, Malene Rydahl

Ce livre permet de voir ce qui se passe ailleurs, et bien plus qu’une analyse de l’éducation et de l’école danoise, on y comprend comment et pourquoi le fonctionnement de la société danoise est si différent du nôtre.

La neuro-éducation, Francis Eustache et Bérangère Guillery-Girard

En nous expliquant comment fonctionne la mémoire, notamment chez les enfants, les auteurs présentent des solutions permettant de mieux faire apprendre et retenir aux enfants.

Au cœur des émotions de l’enfant, Isabelle Filliozat

Un incontournable, car bien que tourné davantage vers la parentalité, il permet grâce aux neurosciences de mieux comprendre le cerveau de l’enfant, ses caractéristiques et les réactions parfois surprenantes de ces derniers pour mieux s’y préparer et y répondre sainement.

L’étonnant pouvoir des couleurs, Jean-Gabriel Causse

Pour les curieux, pour le choix de la couleur des murs, du mobilier, du matériel et même des crayons, je vous conseille ce livre absolument passionnant ! Ce condensé de recherches et d’expériences sur les couleurs vous surprendra et vous ne les choisirez définitivement plus de la même façon !

La bonté humaine, Jacques Lecomte

S’éloignant plus de l’éducation, ce livre permet néanmoins de conserver ce vif espoir en l’être humain en nous prouvant que oui, l’Homme est fondamentalement bon ! Ce grand scientifique qu’est Jacques Lecomte vous prouvera, exemple après exemple que l’on peut faire confiance en l’Homme, mais aussi en nos enfants.

 

Les entreprises humanistes, Jacques Lecomte

Du même auteur, en s’éloignant encore de l’éducation et mais gardant ce bel optimisme, il met cette fois-ci la lumière sur des entreprises ayant réinventé les modèles pour que l’on s’y sente mieux et, surprise, ces modèles fonctionnent également bien mieux économiquement… Pour commencer à bâtir l’avenir des enfants d’aujourd’hui et avec l’espoir qu’en donnant bienveillance et amour à ces derniers, ils s’orienteront eux-aussi vers des entreprises humanistes.

 

 

Bonne lecture sur les traces de Louise Michaud. N’hésitez pas à compléter cet article par le site de Louise Michaud : 

http://projetlesfourmis.weebly.com

Vous retrouverez des interviews d’enseignants et d’enfants.

 

Pour compléter cet article je vous propose de relire nos articles et  nos vidéos inspirantes sur le sujet :

Rencontre inspirante autour de Maria Montessori

Alternative et créative ? Maria Montessori, sa vision de la réalité et du rêve

Pour soutenir financièrement son projet, voici le lien  : https://www.cotizup.com/lesfourmis

A très vite pour uns nouvelle aventure créative. Si vous avez aimé cet article partagez le avec vos amis et parlez de Créazine autour de vous!

Peut-on apprendre à être créatif ?

Peut-on apprendre à être créatif ?

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Rencontre avec Ken Robinson : Un dimanche studieux 

 

La quatrième édition du Monde Festival a eu lieu du 22 au 25 septembre sur le thème « Rêver ».

 

Rêver le monde, l’imaginer, le changer, le rendre plus vivable collectivement, plus équitable, plus juste, plus audacieux…

 

 

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/festival/article/2017/06/26/donner-une-vraie-place-a-la-creativite-a-l-ecole_5151367_4415198.html#lD6Q0qoAgtr6ZOxT.99

 

 

Une heure trente de conférence dans l’amphithéâtre de l’opéra Bastille comme 300 personnes attendant l’entrée sur scène de Ken Robinson, de Judith Henri et Marc Olivier Dupin.

 

Voici quelques articles du monde sur le sujet de la créativité :

 

http://www.lemonde.fr/festival/article/2017/06/22/peut-on-apprendre-a-devenir-creatif_5149398_4415198.html

 

http://www.lemonde.fr/festival/article/2017/06/26/donner-une-vraie-place-a-la-creativite-a-l-ecole_5151367_4415198.html

 

 

 

Présentation des intervenants :

 

image France Culture

 

 

 

 

 

Judith Henri, comédienne de cinéma (La Discrète, Germinal…), de télévision (Un village français, Les limiers…) et de théâtre (son dernier spectacle, Interview, est actuellement en tournée, aprés avoir été joué à Paris et en Avignon).

 

 

 

 

image Tes

 

Ken Robison, universitaire anglais installé en Californie, dont la conférence Ted intitulée « Comment l’école tue la créativité » a été visionnée par plus de 45,000,000 d’internautes et dont le dernier ouvrage vient de sortir en France  : Changer l’école, Playbac , 2017.

 

Ken Robinson - Changer l'école - La révolution qui va transformer l'éducation.

 

Voici un extrait de la conférence : intervention de Ken Robinson :

 

http://www.lemonde.fr/festival/video/2017/09/24/ken-robinson-on-a-tous-les-capacites-pour-developper-notre-creativite_5190495_4415198.html

 

 

image cdmc asso.fr

 

 

 

 

 

Marc Olivier Dupin, compositeur, ancien directeur du conservatoire national supérieur de musique de Paris et de France Musique, Prix Charles Cros 2012 pour « La première fois que je suis née » (catégorie jeune public).

 

Marc Olivier Dupin nous a fait écouter un extrait de « Robert, le cochon et les kidnapeurs», un opéra comique pour la famille.

 

 

 

 

 

 

 

La table ronde 

 

L’introduction se fait par le constat tiré de l’étude de l’OCDE, la société créative du XXI siècle,  sur les métiers d’aujourd’hui et leur devenir. Cette étude révèle en autre que la créativité est le potentiel vital pour démarquer l’homme de la machine.

 

Voici le lien vers l’étude : https://www.oecd.org/fr/sti/prospective/35629526.pdf

 

Comme le dit très bien Ken Robinson : « La créativité nous définit en être humain vivant dans une réalité virtuelle. On vit dans un monde de croyance, d’idées, de valeurs, d’art… voile de culture autour de nous constamment. »

 

Les systèmes éducatifs sont-ils organisés pour l’enseigner ? Et d’ailleurs, s’enseigne-t-elle ? Si oui, quels rapports entretient-elle avec la contrainte ? L’éducation artistique a-t- elle des idées – voire des leçons – à donner à l’éducation en général pour libérer la créativité des élèves et des étudiants ?

 

 

 

 

Les 4 éléments de réponse

 

1. La place de la contrainte 

 

Comme Ken Robinson la bien redéfini, la créativité est un processus lié à des applications pratiques. L’imaginaire nourri par un processus pratique, et des contraintes permettent le développement de la créativité.

 

La première chose à changer dans l’école aujourd’hui pour plus de créativité, c’est le cadre, les contraintes. Elle sont mal positionnées, définies et donc ma vécues. Elles ne favorisent pas la diversité des réponses, des personnes et des types d’intelligences. Elles tuent la créativité, surtout en primaire.

 

La belle image d’agriculture bio donne a comprendre ce que doit être l’école : elle doit offrir le terreau pour de bonne conditions de croissance. La connaissance et étude du « sol » est vitale.  Comment s’enracine un arbre pour faire une belle forêt ? Il puise ce qui est bon pour lui dans le sol ! Les contraintes forment ce sol. Aujourd’hui il offre de mauvaises contraintes aux enfants.

 

Il existe une nature de sol différente selon les terroirs, à nous d’inventer les natures de sol différentes selon les enfants. Soyons nous aussi éducateurs, enseignants, parents, force de propositions de contraintes pour développer la créativité de nos enfants et réinventer la notre.

 

« Réinventer l’école à l’image de l’humanité en adoptant une pédagogie de projets. » Marc Olivier Dupin

 

 

2. La transversalité 

 

La diversité de propositions offertes aux enfants doit être le cadre à leurs actions. C’est à nous parents éducateurs de créer ces situations diverses et riches, de ne plus séparer les savoirs, de fragmenter la culture, le français, les maths, l’histoire… Construisons des projets aux sources de connaissances multiples et diverses. Redonnons du sens aux savoirs et aux pratiques.

 

 

3. Stop aux évaluations

 

Valoriser l’encouragement et non l’évaluation. De nombreuses études montrent que les enfants encouragés, félicités pout leur parcours, leur réussite ou leur échec font de plus beaux parcours et sont plus persévérants et plus satisfaits de ce qu’ils font.

 

« Etre dans le plaisir, pourquoi vouloir mesurer ce qui n’est pas mesurable. » Marc Olivier Dupin

 

La première chose que j’ai appris en coaching en créativité lors de ma formation c’est de bannir le OUI MAIS !!!! Et le remplacer par le OUI ET ALORS. Cela change tout dans la réception de l’information et la manière de la traiter en rebondissant dessus. La force de REBOND !!! Une activité vitale pour l’enfant…

 

 

4. Le collaboration

 

Bien évidemment, en employant le OUI ET ALORS on permet l’échange et la collaboration entre enfants mais aussi entre adultes et enfants.

 

L’encouragement par les cahiers de réussite, par le travail à son rythme semble être une bonne initiative. Marc Olivier Dupin évoque le travail de groupe chez Pixar. Dans cette société fort connue de tous, la culture interne est de «  placing » rencontre d’idée nouvelles, de construire à partir de l’idée que les autres personnes vous donnent.

 

La démarche est plus productive.

 

Il parle du rythme chez l’enfant, en faisant l’analogie avec la musique. En effet, il partage l’expérience de la musique pour l’enfant, certains rythmes vont entrainer la danse, le mouvement… et d’autre pas. Chaque âge a son rythme. L’échange est possible si le respect du rythme est installé.

 

Pour ouvrir le débat, je poserais cette question :

comment mettre en place des espaces et des temps pour un rythme adapté ?

 

Je vous reparlerai de tout cela dans un nouvel article sur l’école, à l’occasion d’une autre conférence fréquentée cette semaine !

 

La base pour rendre opérationnel ces 4 principes réside dans la volonté de l’adulte. Tout d’abord à accepter

 

l’ajustement, le OUI ET ALORS… le vivre et imaginer un système différent. Faire une introspection personnelle sur sa

 

propre créativité et se laisser la chance d’expérimenter et construire une démarche co-créative avec l’enfant.

 

 

Je vous souhaite une belle reconquête de votre créativité perdue, une bonne expérimentation créative à tous.

 

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Soyons des colibris, apportons notre petit caillou à l’édifice.

 

Belle semaine les pépites, brillez par votre imagination, vos idées et votre bonne humeur !

 

 

 

 

 

 

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